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14.02.2008

L’HOTEL RIQUET SUR LE CANAL DU MIDI (première partie)

Ce mois-ci partons à la découverte du canal du midi et se ses monuments sur Agde. Nous allons nous intéresser à l’Hôtel Riquet qui se situe prés de l’écluse ronde en direction de Bessan :
Il suffit de passer le pont….
Sitôt passé le pont sur l’Hérault, le canalet nous conduit jusqu’aux abords des rives du canal du midi, là où se trouve le port fluvial. Face à l’écluse ronde, sur la rive gauche en direction de Béziers, c’est là que se situe l’édifice à la découverte duquel nous vous convions ce mois ci.. L’hôtel Riquet, car c’est bien de lui qu’il s’agit, n’est pas à proprement parler un hôtel particulier et privé puisqu’il appartenait à l’administration du canal, mais nous verrons que sa conception et son architecture ressemblent en bien des points à celles des demeures agathoises qui nous sont maintenant familières.
Une maison de service
Utilisé pour le transport de marchandises, pour le courrier, mais aussi pour le transport des voyageurs, le Canal du midi inauguré en 1681, a été rapidement en plein essor. Il est apparu très vite la nécessité de doter le canal du midi de bâtiments facilitant son administration et sa gestion. C’est ainsi que fleurirent aux abords des écluses nombre d’édifices tels que magasins, entrepôts, hangars, mais aussi bureaux et logements pour le personnel, maisons d’éclusiers, auberges et … chapelles ! C’est dans ce contexte que s’inscrit l’Hôtel Riquet, construit en 1751. Cet édifice atteste d’un changement radical de perception des architectes et des ingénieurs ayant en charge l’édification de ce type de bâtiment. Jusque là en effet seul prévalait le parti pris de l’utilitaire et du fonctionnel. Avec l’hôtel Riquet on assiste à l’introduction d’un parti pris esthétique, où le détail architectural prend le pas sur l’utilité publique. Cette volonté d’embellissement des bâtiments nécessaires à la vie du canal commencée à Agde se poursuivra jusqu’au début du XIXème siècle. Destiné aux bureaux et aux logements d’employés tels que receveurs, contrôleurs de la recette, directeur de la division d’Agde, gardes magasins et officiers chargés de la police du canal, l’hôtel Riquet est donc bien ce que l’on nomme une « maison de service »
Le service était ici complet, puisqu’il servait également de relais de poste et même d’auberge, où les voyageurs pouvaient déjeuner.
Un air d’hôtel particulier
En observant l’hôtel Riquet, on voit bien que c’est l’élévation de sa façade principale qui lui confère le caractère d’un hôtel particulier. Et c’est là que l’on prend toute la mesure de la volonté des architectes d’apporter un soin nouveau à l’esthétique et à l’architecture.
La façade est composée de deux corps de bâtiments séparés par un avant corps central, terminé par une corniche en arc cintré. La symétrie et l’axialité de la façade est respectée par les ouvertures alignées en nombre identique sur deux niveaux de part et d’autre de l’avant corps. Les proportions des ouvertures du rez-de-chaussée et du 1er étage sont identiques et agrémentées d’une clé. Le dernier niveau quant à lui, est composé de quatre fenêtres « bastardes » qui se déploient symétriquement de chaque côté de la corniche.
C’est au niveau de l’avant corps que se trouve l’entrée du bâtiment. Elle est accessible par un perron en forme de fer à cheval, doté de chaque côté d’une volée de 7 marches arrondies.
Le 1er étage du corps de bâtiment central possède une ouverture agrémentée d’un balcon.
Escalier à volées droites et logements privatifs
Passé la porte d’entrée on arrive dans un large et vaste vestibule d’où prend naissance un escalier de style 18ème siècle doté d’une rampe et d’une main courante en fer forgé.
Cet escalier dessert un nombre important de pièces et de salles situées aux étages, ainsi que des minis-appartements privatifs avec salons a cheminée et cuisines, le tout attenant aux bureaux du personnel administratif à qui ils étaient destinés.
Ces lieux inoccupés depuis longtemps sont à l’abandon, mais l’on peut voir, pèle mêle et tel un inventaire à la Prévert : une cheminée de type languedocien, un évier en pierre de lave, un fourneau et des tomettes rouges typiques d’Agde, une cheminée avec un manteau décoré de vases et de cornes d’abondance. Il est évident que le soin apporté à l’esthétique et à l’architecture de cette demeure se retrouvait aussi dans la décoration et le confort intérieurs.
Entre cour et jardin
Au fond du vestibule d’entrée une porte permet d’accéder à la cour intérieure de l’hôtel Riquet. De la cour on peut voir que la façade arrière de l’édifice possède le même ordonnancement symétrique que la façade principale. Cette cour intérieure a été réduite et fermée en 1888, lorsque la concession du canal du midi a été transférée à la Compagnie des Chemins de Fer. En effet, à ce moment là le personnel administratif des chemins de fer était logé dans l’hôtel Riquet, et afin de faciliter l’accès entre leur domicile et leur lieu de travail, un petit escalier reliait la cour aux bâtiments de la gare d’Agde.
Sur la droite, prolongeant la cour intérieure, un vaste terrain rappelle les dimensions importantes de l’ancien jardin dont pouvait profiter l’administrateur général du canal du midi logé là. Cet endroit était même agrémenté d’une magnifique fontaine. Celle-ci, si elle ne fonctionne plus, est en excellent état. Réalisée entièrement en basalte, elle possède un bassin en forme de demi-lune, et sur la partie haute, elle est décorée d’un superbe masque à figure humaine qui servait de gargouille.
Des écuries…
L’hôtel Riquet était entouré d’un ensemble de bâtiments nécessaires au fonctionnement du canal du midi, mais aussi à l’accueil des voyageurs utilisant ce mode de transport.
C’est ainsi que l’on peut voir à gauche de l’édifice les anciennes écuries, aujourd’hui maisons d’habitation, et d’ailleurs, sur sa façade on trouve à intervalles réguliers des anneaux qui permettaient d’attacher les chevaux.
…et une chapelle
Un peu plus loin , en bordure de la route de Bessan se trouve l’ancienne chapelle construite en 1773, actuellement propriété privée. Un cartouche en basalte situé au dessus de la porte d’entrée porte mention de la date de construction. Dans « histoire de la ville d’Agde », Balthazar Jordan nous dit qu’un aumônier assurait ici les messes qui avaient lieu les dimanches et jours de fête. Cette pratique perdura jusqu’à la révolution.
A suivre ….
Texte : Hélène Pascual
Sources : Le Canal Royal du Languedoc, ouvrage collectif (Michel Adgé, Philippe Delvit,
Jean-Loup Marfaing, Robert Marconis)
Histoire de la ville d’Agde, Balthazar Jordan
Sources personnelles
Remerciements au Capitaine Albert Abelanet
Copyright Office de Tourisme d’Agde centre février 2008. Crédit photo : service communication, droits réservés

04.02.2008

AGDE FILLE DE L'EAU

1d62aca7ae0af5b7c781464e25b3f98e.jpgAprès un premier article dédié au Patrimoine agathois sur l’Hôtel du Viguier Guérin, ce mois-ci nous vous proposons de découvrir les liens privilégies qu’Agde entretient avec l’eau, d’où son surnom d’Agde, fille de l’eau…
Le port de pêche et de commerce créé au 5ème s. avant J.C. par les Phocéens a atteint son apogée au 17ème siècle, période à partir de laquelle il a été supplanté par Sète. Mais Agde a toujours célébré sa vocation maritime. De ses importantes activités portuaires passées, subsistent encore la pêche et la construction navale.
Les liens privilégiés qu'Agde entretient avec l'eau sont toujours aussi forts. Un simple regard au coeur de ville suffit pour s'en convaincre. Ici, c'est le fleuve qui met la ville en scène et l'étire jusqu'à la mer, cette Méditerranée qui a suscité tant de générations de marins et de pêcheurs.
L'omniprésence des métiers liés à la mer se retrouve dans les nombreux détails qui s'offrent au regard du promeneur, pour peu qu'il soit curieux et attentif. L'héritage laissé par la présence séculaire des gens de mer est gravé dans nos murs de basalte, véritables livres de pierre, dont il faut parfois connaître l'histoire et les légendes pour les déchiffrer.
Nous vous en livrons ici quelques clés, et vous invitons à nous suivre au hasard des ruelles du centre ville... avec l'eau pour fil d'Ariane jusqu'à plus soif.
Des façades typiques :la rue de la Poissonnerie
Cette rue est ainsi dénommée car elle est habitée essentiellement par des marins et des pêcheurs qui vendaient le produit de leur pêche sur le pas de leurs portes. Tout en haut de la maison située au n°22 de cette rue, on peut admirer 3 superbes têtes en basalte sculptées. Cette maison appartenait dit on à un riche navigateur qui, voulant se distinguer de ses voisins, simples pêcheurs, a fait exécuter cette décoration.
Tout autre est la décoration de la façade de la maison qui se trouve juste en face au n°23. Cette peinture murale située au dessous du toit s'inscrit dans la tradition des maisons de pêcheurs. Ici cette frise décrit une scène de pêche autour du Fort de Brescou que l'on reconnaît à l'angle droit.
La statue de la Navigation
Parisienne à l'origine, elle fait partie d'une des nombreuses statues qui ornaient le Trocadéro. A la démolition de celui-ci, pour l'exposition universelle de 1937, elle fut offerte à la ville.
Baptisée Amphitrite, elle est devenue le symbole de la vocation maritime d'Agde et trône sur la place de la marine, face à la mer.
Tête de femme exotique
Au n° 15 de la rue de la République on peut voir la sculpture en basalte d'une magnifique tête féminine. Quels liens cette mystérieuse femme peut elle avoir avec notre tradition maritime... écoutons la légende...
Le capitaine d'un navire agathois avait accepté de prendre à son bord une femme de couleur, riche et enceinte. L'accouchement de cette femme qui se déroula durant la traversée se passa très mal. Elle perdit son enfant et mourut. Le capitaine garda le trésor que transportait cette malheureuse femme, prétendant qu'elle lui avait légué. Ce ne fut pas l'avis de tout le monde, et notamment de l'un des marins qui se trouvaient à bord . Celui-ci décida de faire sculpter un portrait ressemblant à l'inconnue morte à bord du bateau et le fit placer à un endroit devant lequel le capitaine passait tous les jours. Histoire qu'il n'oublie pas l'origine de sa fortune...

Les vierges en tabernacle
Ces vierges se trouvent essentiellement dans le quartier de la Marine.: angle rue Chassefières et Quai du Chapitre, 14 rue de la Poissonnerie, angle rue de la Poissonnerie et Plan d'Allard. Véritables témoins de la piété des marins et des pêcheurs, ces vierges dans leurs niches votives font fonction d'ex voto et symbolisent le pacte religieux originel : assistance contre déférence... quelque part entre religion et superstition.
Les fontaines
Qu'elles se nomment Belle Agathoise, République ou Bonaparte, les fontaines font partie de notre environnement paysager. Ces jeux d'eau sont là pour nous rappeler qu'ici tout procède de l'eau et marque l'ancrage au sud de la cité.
L'eau est un symbole de richesse, elle est aussi apaisement. La plus méconnue de ces fontaines est sans nul doute la fontaine Bonaparte. Elle mérite que l'on s'y arrête quelques instants. C'est en l'an X (1802) que la municipalité Floret résolument Bonapartiste, fit apposer sur cette fontaine une plaque de marbre en l'honneur de Bonaparte, alors 1er consul, en espérant qu'il passerait par là en se rendant en Espagne.
Mais malheureusement pour ses partisans, et pour la légende qui a encore cours, Bonaparte n'est jamais venu à Agde et n'a donc pu se faire voler ni son cheval ni son chapeau !
Voila pour ce petit aperçu « d’ Agde fille de l’eau », nous vous donnons rendez-vous le mois prochain pour de nouvelles découvertes de notre belle cité.
Copyright Office de Tourisme d’Agde centre janvier 2008. Crédit photo : service communication, droits réservés